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Publié le jeudi 6 mars 2003

:: Jeudi 6 mars 2003 ::
Ces adultes qui en demandent trop...

Je viens de terminer d'écouter Les vrais perdants, documentaire produit par l'ONF en 1978, qui avait été diffusé à TVA plus tôt cette semaine et que j'avais enregistré grâce aux fortes recommendations de ma mère. En fait, ce n'était pas la première fois que je le voyais, puisque mes parents l'avaient écouté quand j'étais très jeune et que je me souvenais encore du traumatisme profond que certaines images, comme celle des mains ensanglantées de la petite gymnaste, m'avaient infligé.

Le documentaire expose le problème de l'éducation de l'enfant dans cette société de compétition qu'est la nôtre. On nous montre parents et entraîneurs qui à travers les activités de leurs propres enfants/élèves essaient de combler un rêve qu'il n'ont pu réaliser dans leur propres enfance et qui les pousse à mettre leurs enfants dans une vie de compétition trop demandante.

Les trois activités dans lesquels on a suivit parents et enfants pour le documentaire sont la gymnastique, le hockey et le piano. Les longues périodes dans lesquelles la coatch de gymnastique s'acharne sur son élève en disant que tout ce qu'elle veut est sa réussite, pour qu'elle se sente bien [mais on nous montre bien l'effet pervers de se désir du «bien»; la petite fille ne se sent bien que si ses parents et son entraineure le sont, et pour ça elle doit se défoncer à la pratique et puis gagner toutes les compétitions], les discours cruels et fatalistes d'avant-match du coatch de hockey ne servent finalement qu'à écraser les enfants lors d'une défaite au match et puis cette prof de piano qui se frustre contre ses élèves quand ils ne donnent pas leur 200%... Ces images elles me donnent mal au coeur. Je n'ai pas pu retenir les quelques larmes qui me sont venues et un élan d'indignation face à cette barbarie ignoble. Surtout qu'on a interviewé les enfants seuls après, et qu'ils avouaient tous que leur passion n'était pas aussi forte que celle de leurs parents et souvent qu'ils continuaient que pour ne pas décevoir. Devant les parents, ils se contentaient de timidement répondre «oui, je veux aller aux jeux olympiques» ou «oui, je vais faire partie des Canadiens» pour ne pas décevoir le père qui répondait «Ça c'est mon enfant! J'en suis fière!!».

Certains disent que c'est la seule façon d'élever son enfant [que de mettre beaucoup de pression dans une activitée quelconque] pour qu'il ait de la discipline, mais je ne crois pas. Personellement, je n'ai pas été élevée de même et j'en suis très contente. Mes parents ont su avoir du respect pour qui j'étais et qui je deviendrais [ d'où cette phrase répétée au party de naissance de ma soeur et de moi-même: «Ma fille sera ce qu'elle est, et non ce que nous voulons qu'elle soit» et pour laquelle je respecte beaucoup mes parents car ils ont réussis à respecter cette idée très difficile à suivre, j'en suis contiente, qu'ils se sont donnés]. Mais j'ai quand même vécu une situation similaire (en beaucoup moins pire quand même) que la petite fille au piano dans le film, à cause de ma prof de piano.

Quiconque qui a déjà pris des cours d'un instrument pendant leur jeunesse savent surement de quoi je parle quand je dis qu'il est très difficile de décider d'arrêter de suivre ce cours, qu'on l'aime ou non et pour une raison quelconque. J'ai pris environs 3 ans des cours de piano, or je n'ai jamais eu de grande passion pour cet instrument (sans non plus être totallement désinteressée). Ma prof était bonne, mais elle n'était pas sans ses défauts, dont l'impatience et une attente parfois trop élevée. Moi, j'aimais aller me balancer dehors, jouer avec mes amies, écouter la tv... avoir du temps pour moi, finalement. La pratique ne rentrait donc que très rarement par mon seul désir dans mon horaire, et ma mère a dut me le répéter souvent ce «Va pratiquer ton piano! Pis si ça te tente pas, ben dis le moi, on va arrêter les cours». J'avais pourtant une arme: mon don pour le piano. Don qui m'a même valut la médaille du Royal Conservatory of Music of Toronto pour la meilleure performance à l'examen de niveau un au Québec durant l'année, médaille que je n'ai jamais sentie comme m'appartenant puisque je ne crois pas que j'avais fait tant d'efforts. Vous avez pu voir d'après la phrase de ma mère que j'ai cité quelques lignes plus haut qu'elle me laissait toujours l'opportunité de dire que je ne voulais plus continuer, pourtant ce choix il n'était quand même pas sans me tracasser. Premièrement parce que je sentais quand même que ça rendait mes parents heureux que je joue du piano, deuxièmement parce que moi-même je ne savais pas si j'allais m'en vouloir plus tard d'avoir lâcher, et puis finalement, le plus important, c'était que j'avais peur de la réaction de ma prof. J'avais peur qu'elle me déteste, qu'elle m'engueule quand elle apprendrait ça. Elle parlait souvent de ce fatidique «dans 5 ou 6 ans», elle me voyait déjà loin dans une carrière de piano, elle le mettait partout ce diplôme du Conservatoire: dans la lettre d'admission à l'Université, dans le CV... faut dire aussi qu'elle me faisait peur quand elle perdait patience. Elle se mettait à parler fort, et je me souviens très bien d'une ou deux fois où elle a ramassé mes mains pendant que je jouais et les a serré vraiment fort en essayant de me faire frapper les bonnes touches et en criant que c'était mauvais (comment pouvais-je atteindre les bonnes touches si elle m'écrasait les doigts ensemble?), j'étais une enfant très fragile et gênée et je ne savais comment réagir. Je finissais par sortir de là en retenant des larmes et une colère impuissante.

Un jour après trois ans, je lui ait dit que je voulais arrêter, ma décision finalement un peu poussée par qqch que je n'avais pas aimé. En fait c'est qu'elle avait refusé de m'apprendre une chanson qu'elle jugeait trop difficile pour moi simplement parce que sa chouchou n'avait pas réussis à la faire. J'étais partie du cour et avait appris parfaitement les 20 premières mesures de la chanson que j'aimais vraiment. Le cour suivant elle n'a même pas voulut m'entendre et m'a appris autre chose pas du tout à mon goût à la place. Elle n'a pas montré de colère quand je lui ai annoncé, elle m'a laissé partir et m'a dit de la rapeller si je voulais recommencer. Maintenant, 3 ans plus tard, je suis contente d'avoir arrêté. Je me vois pas avec ça en plus du stress du collège. En plus que le piano ne soit pas l'instrument qui m'enchante le plus. Ce que je voudrais vraiment savoir jouer, c'est de l'harmonica ou de l'accordéon. Ces deux instruments m'enchantent. Quand j'étais petite mon père, grand fan de Ennio Moriconne, m'avait donné un ruine-babines de petite qualité, comme ça, j'imagine un peu en esperant que le son me plaise et que j'aprenne à jouer. J'aime l'harmonica, il a deux sons pour moi: la musique western sombre de l'univers Sergio Leonne ou bien le son heureux de l'accompagnateur du violonneux dans le folklore québecois. Quand j'étais au primaire, il y avait toujours un mec de l'école secondaire d'à coté qui passait dans notre cours d'école pour aller au train, et il jouait toujours de l'harmonica, tout seul, pendant que les autres parlaient de babioles. Pour moi il était très impressionnant car il jouait vraiment bien et que j'aurais voulut apprendre à jouer comme ça. Mais essayer donc de trouver un prof d'harmonica vous! Ou bien d'accordéon, instrument que je vous ai aussi dit que j'aimais beaucoup. Non, ce sont des instruments qui s'apprennent à jouer par des gens de la famille, parce que ce sont des instruments qui sont surtout liés au folklore.

Pour en finir avec ça, je vous conseille de voir Les vrais perdants et d'y réfléchir. Le film se trouve à l'ONF où vous pouvez l'acheter ou bien le visionner sur place à la Cinérobothèque située dans le bâtiment.

|Ariane|


:: otaku_ariane 2003-03-06 14:33:16 [Permalien] ::
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2 Commentaires :

Commentaire écrit le vendredi 7 mars 2003 à 14:00:49 (lien)
Ariane - Ce blogue est le mien
Je suis d'accord avec toi, Sacha, sur le fait que je trouve que l'enseignement de la musique est fait d'une façon trop classique et inadaptée pour les enfants. Je me souviens que quand j'étais très jeune (avant de prendre les cours de piano), ce qu'y m'interessait le plus c'était d'inventer, de jouer des pièces de mon cru sur le piano. Jouer, apprendre une pièce qui ne nous inspire pas du tout, surtout quand on est enfant, c'est une punition et c'est bien plus difficile que de jouer qqch qui nous interesse, parce qu'on ne «sent» pas la musique et qu'on ne peut donc pas la suivre comme il faut.

Comme écrit dans mon premier message sur mon blog dans ma présentation, j'ai 15 ans et puis merci pour le compliment.

Au revoir


Commentaire écrit le vendredi 7 mars 2003 à 04:04:38 (lien)
Sacha - http://perso.wanadoo.fr/corpus-journal/
L'enseignement de la musique ne laisse pas assez de place à la spontanéité. On t'inculque des bases qui te dégoûtent de la musique, alors qu'il y aurait d'autre moyens de rendre l'enseignement de la musique plus vivant, plus proche du désir des enfants.
L'improvisation est primordiale à mon avis, laisser la part d'imagination s'exprimer et non de retranscrire bêtement à coup de bourrage de crâne des classiques. L'important c'est de suivre ses envies....

Je trouve ton raisonnement intéressant, ceci dit je ne sais pas quel âge tu as, mais tu témoignes d'une grande maturité.

A bientôt.



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